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maitrepotal

Mercredi 9 août 2006
L'un des plaisirs de la journée de Maître Potal, c'est d'aller chercher son courrier dans sa boîte aux lettres. Le facteur apporte généralement son lot de surprises et de cadeaux. Il faut dire que Maître Potal a beaucoup d'amis (comme les éditions Atlas, par exemple) et plus encore d'identités (comme Jean Kulatlasse, par exemple). Bref, pour Maître Potal, le facteur c'est un peu comme le Père Noël sauf qu'il existe, qu'il passe tous les jours et qu'il fait les 35 heures.

Mais aujourd'hui, en ouvrant sa hotte, voilà que Maître Potal a la désagréable surprise de découvrir un imprévu, glissé sans doute par un lutin aussi malveillant que malicieux. Il faut dire que Maître Potal a pris depuis quelques semaines la précaution d'offrir une décoration à sa boîte aux lettres : un superbe autocollant affichant un message très Potalien : "STOP PUB". Alors, se demande Maître Potal, que vient donc faire ce tract pour "Laforêt immobilier" au milieu de mon courrier? Une fois remis de sa stupeur et de son énervement passager, Maître Potal ne retient qu'une explication plausible : la renommée de Maître Potal est arrivée jusqu'au seuil de la société "Laforêt immobilier" et celle-ci veut lancer un défi à sa ténacité légendaire. Devant une invitation si valorisante, Maître Potal peut-il décevoir l'adversaire qui ne demande qu'à se mesurer à lui? Que nenni! D'autant plus que la société "Laforêt immobilier" lui a laissé un signe de piste pour qu'il puisse remonter jusqu'à elle : un numéro de téléphone : le 01 64 86 20 42 (Maître Potal le reproduit ici puisque le but d'un tract est avant tout de faire de la publicité à ses auteurs).

Comme il est midi passé, Maître Potal tombe sur un répondeur téléphonique où une voix aussi courtoise que masculine l'invite à laisser un message, ce que Maître Potal ne manque pas de faire. Il remercie son interlocuteur virtuel pour le tract non désiré et, par politesse, se propose de lui rendre la pareille en lui promettant de renouveler son appel. Pendant l'heure qui s'ensuivit, Maître Potal a du laisser une bonne soixantaine de messages sur le répondeur de "Laforêt immobilier". Quand le taux de retour d'un mailing est généralement de 1 pour 1000, grâce à Maître Potal, la société "Laforêt immobilier" a pu rentabiliser son investissement au-delà de ses espérances. Quant à Maître Potal, son nouvel opérateur téléphonique a l'avantage de ne pas lui facturer ses appels en local. Tout le monde était donc gagnant dans cette histoire sauf, peut-être, les clients habituels de "Laforêt immobilier" qui ne pouvaient plus joindre leur agence pendant ce laps de temps.

Mais Maître Potal n'avait pas envie de s'en tenir là, surtout quand, regardant le tract de plus près il vit un nouveau numéro de téléphone. Fervent téléspectateur de "Qui veut gagner des millions?", Maître Potal comprit alors qu'il venait de franchir le pallier suivant et qu'il avait encore tous ses jokers à sa disposition. Ce numéro, que Maître Potal ne va pas vous communiquer car vous n'avez pas, vous, encore franchit le premier niveau, ce numéro donc était un numéro de fax. Aussitôt la solution pour en venir à bout germa dans le cerveau de Maître Potal. "Bon sang! Mais c'est bien sûr…" se dit-il en lui-même. "C'est un échange que veut la société "Laforêt immobilier", ils s'attendent qu'à mon tour je leur envoie mon tract". Seulement voilà, Maître Potal n'a ni tract ni fax, alors comment faire? Pour le fax, pas de problème, il récupère un logiciel qui va lui permettre d'envoyer des fax à partir de sa connexion Internet. D'un simple clic il pourra répondre aux attentes de ses nouveaux amis. Et pour le tract? Une notice de 500 pages écrites en caractères japonais récupérée sur Internet au format Word fera aussi bien l'affaire. De toutes façons, à part Maître Potal, personne ne lit les tracts et ils sont destinés à finir à la poubelle, alors…

Alors Maître Potal se réjouit déjà du plaisir qu'il va occasionner à ses camarades de jeu en leur permettant de faire fonctionner leur fax 24 heures sur 24 à raison d'un envoi toutes les deux heures.

Mais Maître Potal est interrompu dans ses préparatifs par la sonnerie du téléphone. C'est justement Monsieur Laforêt qui l'appelle pour lui dire qu'il a bien reçu tous ses messages téléphoniques.

Au comble de la joie et de l'excitation, Maître Potal le met aussitôt au courant du grand projet qu'il est en train de préparer et du risque secondaire de voir "Laforêt immobilier" privée du bon fonctionnement de son fax durant quelques semaines (oui, Maître Potal est assez excessif, mais quand il promet, il tient).

Heureusement, Monsieur Laforêt est fidèle à l'annonce de son répondeur, courtois et chaleureux. Il s'excuse auprès de Maître Potal du dérangement qu'il a pu occasionner, assure qu'il s'agit d'une erreur de la personne qui a déposé le tract et prend l'engagement que ce fâcheux incident restera sans suite. Il prend à ce propos les coordonnées de maître Potal et lui promet également un courrier pour mettre ses excuses par écrit.

Magnanime, Maître Potal accepte les excuses en se réservant néanmoins la possibilité de mettre son plan en action si l'erreur venait à se reproduire. Mais l'interlocuteur ayant sportivement reconnu sa défaite, Maître Potal décide de s'en tenir là pour l'instant.


 

Quand à la morale de cette histoire, elle est facile à deviner :

Pour imprimer tous ces tracts, il a nécessairement fallu couper l'arbre qui cachait Laforêt et maintenant qu'elle est à découvert, elle est dans la ligne de mire de Maître Potal.

Par Maître Potal
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Vendredi 15 septembre 2006
Ami lecteur, tu vas être déçu.
Maître Potal, devient gentil, trop même, ainsi que tu vas pouvoir le constater.
Car Maître Potal évolue. Peut-être que la naissance de sa deuxième fille le pousse à l'indulgence et à la compassion envers les importuns.
Toujours est-il que le nouveau Potal est arrivé. L'ancien était tatillon, irascible, ne cherchait qu'à rendre au centuple l'énervement qu'on pouvait lui causer. Le nouveau est altruiste et ne cherche qu'à faire plaisir à son prochain.
Mais je t'entends déjà ami lecteur, tu commences à connaître ton Potal sur le bout des doigts, tu demandes des preuves, des faits, des actes.
Les voici.
C'est donc un jeudi vers 10 heures (du matin, sinon j'aurais écrit 22 heures) que le Maître a entendu à la fois l'appel du changement frapper à sa porte et la sonnerie du téléphone le tirer d'un sommeil aussi intense que sa nuit fut brève (à cause de la deuxième enfant suscitée). D'habitude Maître Potal s'endort avec le téléphone à portée de main, pour pouvoir répondre entre deux bâillements à l'interlocuteur matinal et compréhensif qui finit toujours par lui dire : "Je ne vous réveille pas, j'espère?" et auquel le Maître, baillant de plus belle, répond poliment "Hein? Non! Ouahhhhh! Mais qu'est-ce qui vous fait…. dire çaaaaaaahhhhh?"
Seulement pour la troisième, et dernière fois j'espère, je répète que Maître Potal, quoique bientôt quadragénaire, est un jeune papa attentionné qui ne laisse pas le téléphone dans la chambre, qu'il partage avec son enfant qui vient de naître et la charmante personne avec laquelle il a eu beaucoup de plaisir à la faire (l'enfant, pas la chambre).
Et voilà donc Maître Potal, sentant l'importance de l'appel, qui bondit hors de son lit pour aller saisir son combiné resté dans son bureau et arriver, essoufflé mais à temps, pour répondre à la personne qui désespérait de réussir à le joindre.
Et Maître Potal ne s'était pas trompé quant à l'urgence de la chose, car la personne qu'il avait au téléphone n'était autre que l'une de ces innombrables travailleuses de l'ombre, qui, sous prétexte qu'un quidam ne fait pas la démarche de se mettre sur liste rouge, estime qu'il lui faut impérativement l'appeler pour le tenir au courant de telle ou telle promotion, offre exceptionnelle ou lui offrir un magnifique cadeau surprise qu'il a eu la chance de gagner en étant tiré au sort en même temps que du lit.
Qu'aurait fait l'ancien Potal, ami lecteur? Il aurait fustigé la cuistre, exigé d'elle qu'elle lui passe un responsable et demandé à être rayé du fichier dans lequel figure, contre son gré, son glorieux patronyme.
Mais ça c'était l'ancien Potal, l'irascible, le hargneux.
Le nouveau, lui, ne cherche qu'à faire plaisir à son prochain. Et quand l'ancien répondait fermement non, le nouveau acquiesce à tout ce qu'on lui propose.
-         Bonjour, Maître Potal, je représente la société Vogica
-         Quelle bonne nouvelle! Comment va-t-elle?
-         Heu… bien? Maître Potal, projetez-vous dans un avenir proche de changer de cuisine ou de salle de bain?
-         Oui!
-         Mais de quoi de cuisine ou de salle de bain?
-         Les deux!
-         Et dans combien de temps à peu près? Un an, entre un an et…
-         Moins d'un an!
-         Ah! Bon? Mais alors dans ce cas, seriez vous d'accord pour qu'un de nos commerciaux vienne chez vous pour vous présenter notre catalogue.
-         Oui!
-         Et quand seriez vous disponible?
-         Quand vous voudrez!
-         Demain matin, 11 heures?
-         Oui!
-         Bon je vous passe ma responsable.
 
J'abrège ici, ami lecteur le dialogue avec les nouveaux amis de Maître Potal. La conversation avec la responsable ne fit que reprendre la précédente. Elle demanda cependant au Maître s'il pouvait donner des précisions quant à la façon de venir chez lui car elle savait le quartier d'orientation difficile mais le Maître ayant déjà suffisamment été gentil pour la matinée lui suggéra d'offrir un plan à ses commerciaux ou mieux un GPS.
 
Et voici donc comment ce vendredi, à 11 heures tapantes, un jeune commercial en costume bon marché mais de mauvais goût et cheveux gominé, s'en vint sonner à la porte de Maître Potal, avec le sourire au lèvres et le moral de vainqueur qui sied à celui qui sait qu'en une matinée il va gagner son mois et plus si affinités.
Maître Potal aussi avait, lui aussi, le sourire aux lèvres quand il accueillit son nouvel ami. Mais puisqu'il jouait à domicile, il estima qu'il avait l'initiative. Ce fut donc lui qui parla le premier.
-         Cher ami, savez-vous ce qu'est le marketing téléphonique et combien sont désagréables les appels téléphoniques non sollicités?
-         Heu… Je ne comprends pas. Mais j'ai ici mon catalogue.
-         Vous allez comprendre! Voyez-vous pendant des années, quand je subissais de tels harcèlements téléphoniques, je demandais à être rayé des fichiers et on me répondait que c'était impossible.
-         Et alors ?
-         Alors je me suis dit que si c'était vous qui le demandiez, cette requête aurait peut-être plus de chance d'aboutir, qu'en pensez-vous?
-         Vous voulez dire que vous ne voulez pas de nos produits, c'est ça?
-         Quand je vous disais que vous alliez comprendre!
-         Et ça vous amuse de faire ça?
-         Sincèrement? Je dois vous avouer que oui. J'y prends beaucoup de plaisir. Mais il n'y a rien de personnel là-dedans, ce n'est absolument dirigé contre vous.
-         Mais je n'y peux rien moi si vous êtes dans nos fichiers. C'est même pas nous qui traitons ça, c'est une société basée à Cannes.
-         Alors on va bientôt se revoir. Ça me fait plaisir.
-         Comment ça?
-         Et bien, si personnellement je ne peux rien faire pour être retiré de vos fichiers et que vous non plus, fatalement je vais être rappelé. Vogica m'appelle en moyenne une fois tous les deux mois. Et comme à nouveau je reprendrai rendez-vous, il y a de fortes chances que ce soit avec vous, je me trompe?
-         Mais vous vous rendez compte que je ne suis pas payé quand je fais ça? Que je paye mon essence, que je perds de l'argent en venant chez vous pour rien.
-         Non seulement je m'en rends compte mais en plus c'est le but!
-         Très bien! J'appelle mon responsable, Monsieur Da Silva.
 
Et il mit sa menace à exécution. La colère venant le pauvre avait du mal à relater sa mésaventure mais heureusement pour lui, le nouveau Potal était là. Il se proposa gentiment, aux frais du commercial puisque c'était son portable, de raconter à Monsieur Da Silva tout le comique de la situation. Mais est-ce le Maître qui racontait mal ou le Da Silva qui n'avait pas d'humour, toujours est-il que ce dernier avait plus l'insulte aux lèvres que le sourire.
-         Heureusement que tous les clients ne sont pas comme vous.
-         Mais j'y travaille, rassurez-vous. Quand Maître Potal estime qu'il a une bonne idée, il ne manque pas de la divulguer. Imaginez, cher Monsieur Da Silva, que demain vos commerciaux aient 10 rendez-vous par jour comme celui-ci, croyez-vous que Vogica continuera à faire du marketing téléphonique, sachant que le résultat est voué à l'échec?
-         Mais vous vous rendez compte que le gars qui est en face de vous perd son temps à cause de vous?
-         Autant que je me rends compte que j'ai longtemps perdu le mien à cause de votre société.
-         Vous n'êtes qu'un sale égoïste!
-         Sale je ne dis pas, je suis en pyjama et je n'ai pas encore pris ma douche.
Egoïste, non! Bien au contraire! Quand votre centrale d'appel me contacte, c'est bien dans l'espoir que je prenne rendez-vous avec un de vos commerciaux, non? Si j'étais égoïste je lui raccrocherais au nez. Mais comme je suis altruiste, au contraire, je me mets en quatre pour lui faire plaisir et je lui accorde le rendez-vous qu'elle demande. Sincèrement, Monsieur Da Silva, je vous assure que j'ai fait plaisir à la personne que j'ai eue en ligne hier. Et votre commercial? Il n'était pas content d'avoir un rendez-vous pour ce matin?
Non! Egoïste je ne suis pas d'accord. Individualiste à la rigueur, et encore… pas plus que la personne qui m'a téléphoné hier et qui se fichait éperdument de savoir si elle me dérangeait ou non, comme votre commercial qui m'explique que ce n'est pas son problème si la société qu'il représente m'importune par ses appels ou vous qui dans cette histoire ne voyez que la gêne qu'elle vous occasionne et occultez celle qu'elle me fait subir. Nous voyons, vous et moi, chacun nos problèmes et nous fichons allègrement de ceux des autres, n'est-ce pas?
-         Vous vous rendez compte que à cause de ce genre d'attitude, si jamais vous en aurez besoin d'un médecin ou des pompiers, et bien je vous souhaite qu'ils ne viennent jamais chez vous
(Oui, sous le coup de l'énervement, Monsieur Da Silva avait tendance à passer outre les rudiments de grammaire que ses institutrices de l'école élémentaire avaient vainement tenté de lui enseigner des années durant)
-         Sauf que jusqu'à présent, aucun pompier ni médecin ne m'a fait du racolage téléphonique. Mais je ne vais pas épuiser plus le forfait de votre commercial qui m'attend d'ailleurs pour le raccompagner à la porte. Donc si je comprends bien, vous ne pourrez rien faire pour que je ne sois plus importuné au téléphone.
-         Allez vous faire foutre! Adieu!
-         Non! Au revoir Monsieur Da Silva. Puisque cette situation se reproduira forcément.
 
Maître Potal rendit donc le mobile à son propriétaire et le raccompagna à la porte. Ne voulant pas laisser Maître Potal sur une trop mauvaise impression, le gominé termina par un…
 
-         Vous avez de la chance parce que vous étiez chez vous, mais si jamais je vous croise dans la rue, je vous explose!
-         Mais avec plaisir. D'autant plus que j'ai votre nom et vos coordonnées, ce qui va me faciliter la tâche pour la main courante que je vais aller déposer tantôt à votre encontre. On ne sait jamais, le hasard faisant parfois mal les choses, imaginez qu'on se rencontre et que vous m'explosiez, comme vous dites, la préméditation me permettra d'obtenir encore plus de dommages et intérêts de votre part, ce dont je vous remercie au préalable en vous souhaitant une bonne continuation et de ne pas tomber sur d'autres clients comme moi pour aujourd'hui puisque, je vous le répète, dans cette histoire, il n'y a rien de personnel.
 
Maître Potal referma donc sa porte avec le désir brûlant d'aller raconter cette aventure au premier venu, mais qui? Maître Potal était chez lui, certes sa femme et sa mère avaient pu se délecter du spectacle mais le nouveau Potal est altruiste. C'est plus fort que lui, il faut qu'il partage. Mais avec qui? Téléphoner à quelqu'un, fut-ce un ami pour raconter cette histoire à une personne qui ne le demande pas, n'est-ce pas finalement appliquer les mêmes méthodes que la société Vogica?
"Bon sang! Mais c'est bien sûr" se dit-il en lui-même (à l'occasion Maître Potal se prend pour le commissaire Bourrel). Vogica! Voilà des gens qui, eux, ne me reprocheront pas un coup de fil non sollicité. Et d'ailleurs pour leur faire publicité, je vais même publier le numéro de téléphone de leur siège : 03 29 94 50 66.
Maître Potal y fut très bien reçu par l'administratrice des ventes ou la personne qui se présenta comme telle. Compréhensive elle confessa même qu'à son domicile, il lui arrive à elle aussi d'être importunée au téléphone. Maître Potal ne put alors s'empêcher de lui conseiller alors de faire comme lui. Quand je vous disais que le nouveau Potal était un gentil.
 

Quand à la morale de cette histoire, elle est facile à deviner :

Si, vous importunez Maître Potal pour lui vendre votre cuisine, ne vous étonnez pas après, qu'il en fasse tout un plat!

 
Par Maître Potal
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Jeudi 21 septembre 2006

Rassure-toi ami lecteur, Maître Potal, n'est pas subitement devenu le nègre de Gérard de Villiers et tu n'es pas en train de découvrir un nouveau tome des aventures de Malko Linge mais bel et bien la nouvelle péripétie qui vient d'arriver à ton Maître préféré. Tu comprendras à la lecture de ce succinct récit que le "Sas" en question se lit d'une seule traite contrairement à l'acronyme HSBC qui te vaudra toute l'estime Potalienne si tu arrives à la prononcer autrement qu'en l'épelant. Mais qui se cache derrière ces initiales que je te conseille d'oublier sitôt ta lecture achevée? Et bien une banque, tout simplement… encore que le terme "tout simplement" soit, dans le cas présent, très mal approprié.

Il faut dire qu'en ce moment, le Potal a quelques difficultés avec le système bancaire en général et sa banque, le CIC, en particulier. Cherchant en vain à joindre sa conseillère financière depuis déjà un mois (il faut dire que le Maître est très exigeant, il attend d'une banque qu'elle soit à son service quand la mode actuelle demande aux clients d'être au service de leur banque), lassé disais-je, de se voir répondre inlassablement "je lui transmet le message, elle vous rappellera dès qu'elle le pourra" par la personne qui répond à l'appel passé à un 0820 anonyme, Maître Potal a décidé de commencer à ouvrir les yeux sur la concurrence. C'est donc ce qu'il fit ce matin après avoir accompagné sa fille à l'école et son porte-monnaie au boulanger.

La succursale de la HSBC qui croisait son chemin avait tout pour lui plaire. Légèrement à l'écart du centre ville, elle jouxte un cinéma d'art et d'essai et donne sur une charmante petite place. Une promesse de havre de paix au milieu de l'agitation urbaine et en vitrine une affiche promettant en caractères plus gras encore qu'un américain moyen gavé de hamburgers et des inepties de son président, un taux de 3,5% sur un produit financier illisible à l'œil nu (c'est normal ce sont les 3,5% qui sont importants, par le produit sur lequel ils s'appliquent). Le tableau bucolique fut complété par un soleil timide qui dardait ses quelques rayons sur la sonnette de l'agence. Qu'aurais-tu fait, ami lecteur, si tu avais été Potal à la place de Potal? Avoue que tu aurais appuyé sur la sonnette! Et tu aurais alors vécu ce grand moment bancaire que le Maître se propose généreusement de te faire partager. Car une fois le bouton de la sonnette enfoncée, un déclic familier se fit entendre pour signifier au chaland fébrile que la porte était désormais ouverte. Et c'est ainsi que Maître Potal pénétra de son plein gré dans le sas de la succursale HSBC à Orsay (ça y est, tu comprends le titre, ami lecteur?). La porte d'entrée se referma derrière lui et il attendit tranquillement que s'ouvre l'autre port du sas, celle qui allait lui permettre d'atteindre cet eldorado tant convoité.

Et c'est là, ami lecteur, que la HSBC montra qu'elle n'était pas une banque comme les autres. Quand tant d'hôtesses d'accueil auraient libéré le Maître de sa prison provisoire, celle de la HSBC, que le Potal pouvait admirer au travers de la porte vitrée, décrocha un téléphone pour parler au Maître sans risquer d'être atteinte par le moindre de ses postillons.

-         Vous avez rendez-vous ?

-         En fait non, je passais par hasard et…

-         Vous êtes client chez nous?

-         Pas encore mais je n'aspire qu'à le devenir si…

-         On ne reçoit pas sans rendez-vous. Il faut prendre rendez-vous!

-         Oui, enfin dans un premier temps ce sont surtout vos tarifs qui m'intéressent, si vous aviez la gentillesse de me donner une brochure ou…

-         Pas de problème!

Et le futile accessoire de guichet raccrocha aussitôt à la grande joie de Maître Potal qui s'attendait à pouvoir fêter avec elle sa libération prochaine mais que nenni. Au lieu d'appuyer sur le sacro-saint bouton libératoire, l'employée bien dressée, se saisit d'une brochure tarifaire puis s'approcha en direction du sas, s'accroupit et le glissa sous la porte. C'est à cette attitude que Maître Potal compris qu'on était un jeudi, jour de diffusion de l'excellent feuilleton "Prison Break" sur M6. Pas de contact avec les prisonniers, c'est la règle.

Pendant qu'elle s'exécutait, la Maître tenta gentiment de lui faire comprendre le côté humiliant de la situation et lui expliqua qu'il n'avait pas pour habitude de se baisser pour ramasser une si piètre pitance mais la fière ne répondit pas. Elle attendit d'être retournée derrière son guichet pour décrocher à nouveau son téléphone et rétorquer que c'était par mesure de sécurité qu'elle agissait ainsi (c'est sûr qu'en prenant toutes les mesures pour éviter que des clients ne viennent déposer de l'argent chez elle, la HSBC s'évite par la force des choses que des malfaiteurs aient ensuite la possibilité de venir le lui voler).

Dubitatif Maître Potal caressa sa barbe naissante et retira ses lunettes de soleil. Evidemment, peut-être que cet aspect négligé de sa personne ajouté à sa veste kaki lui donnait l'air d'un terroriste cubain. Mais même en voyant les choses sous cet angle, il dut bien s'avouer que l'envie de devenir un jour client de cette banque venait aussi subitement que définitivement de lui passer. Il est certainement trop susceptible, le Potal, mais que voulez-vous, il est comme ça, on ne le changera pas.

Il sortit donc du sas par le côté rue sans avoir eu la chance de le voir du côté agence. Mais sitôt que la porte se fut refermée derrière lui il eut l'idée d'écrire cette chronique et, pourquoi pas, d'en faire profiter ceux qui lui fournirent sa matière première. Il appuya donc à nouveau sur la sonnette mais rien n'y fit. La banque ayant déjà par miracle échappé à la venue d'un nouveau client, elle ne prit aucun risque pour que pareille mésaventure se reproduisit. Contemplant la porte d'entrée, Potal y découvrit cependant le numéro de l'agence qu'il offre d'ailleurs généreusement à ses lecteurs : 01 69 18 18 28.

C'est une voix masculine qui décrocha. Le Maître, se prétendant journaliste, lui demanda juste une adresse émail pour lui envoyer copie de l'article qu'il comptait écrire. Mais là encore, Potal tomba joua de malchance car il venait de tomber sur Hercule Poirot en personne, à moins que ce ne fut Emile Navet ou Gaston Topinambour. Car plutôt que demander au Maître ce qui le motivait pour se mettre à écrire, ou même lui présenter un semblant d'excuse pour la façon dont il avait été reçu, le perspicace le mit aussitôt à jour en lui expliquant que, sa femme étant elle-même journaliste, il saurait très vite confondre l'imposteur qu'il avait au bout du fil. C'est vrai, se dit Maître Potal, il y a tellement peu de journaliste en France qu'ils se connaissent forcément tous. Quel ballot je suis!

Pourtant, n'en déplaise à l'ami Hercule, Emile ou Gaston, même si le Maître a menti sur la forme, il a dit la vérité sur le fond. Car il n'est pas besoin d'être journaliste pour écrire ni même pour être lu et ce n'est pas toi, ami lecteur, qui va dire le contraire.

Toujours est-il que le Potal, s'il ne sait toujours pas s'il va quitter le CIC, est au moins certain de ne jamais aller à la HSBC.

 


 

 Quand à la morale de cette histoire, elle est facile à deviner :

 

 

La meilleure façon pour une banque de ne jamais se faire braquer, c'est de braquer d'abord contre elle tous ses futurs clients.

 

Par Potal
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Vendredi 6 octobre 2006

Ami lecteur, je dois te faire une confidence, ton Maître préféré est un faible, il n'a aucune volonté.

Tu n'es pas sans savoir que, de nos jours, dès que quelque chose a du succès, que ce soit un film, une série, un livre, une émission de télé ou l'expulsion d'un sans papiers, l'appât du gain ou d'un surcroît de notoriété conduit immanquablement ses auteurs à en faire une suite.

Et devant les retours enthousiastes qu'il a eu de sa chronique intitulée "Quand Maître Potal cuisine Vogica", le Potal n'a pas pu résister au plaisir d'y ajouter un second volet. Mettons à sa décharge que l'idée ne vint pas de lui mais de la société susnommée mais reconnaissons cependant que notre Maître s'est (trop) facilement laissé convaincre.

Quand je te dis qu'il est faible, le Potal!

C'est donc vers les 16 heures d'un mardi à la fois pluvieux et studieux que la sonnerie du téléphone vint mettre un terme aux efforts désespérés que faisait Maître Potal pour essayer de se concentrer et de faire abstraction commune des pleurs de sa fille de 1 mois et des appels à l'aide de sa femme qui en a 410 de plus.

Il était dit que la gent féminine s'était liguée contre la tranquillité Potalienne puisque c'est une voix de femme qui se fit entendre quand le Maître appuya sur la touche verte de son combiné téléphonique.

-         Bonjour, Maître Potal, je suis Stéphanie de la société Vogica. Je me permets de vous appeler suite à notre rendez-vous manqué du 15 septembre dernier.

-         Parce que vous appelez ça un rendez-vous manqué?

-         Mais oui voyons! Puisque vous n'étiez pas chez vous?

-         Pardon?

-         Oui! D'ailleurs ce n'est pas très gentil de ne pas nous avoir prévenu. Vous avez eu un empêchement de dernière minute, je suppose?

-         Un empêchement? Non! J'étais bien chez moi au jour et à l'heure prévue.

-         Ah bon? Parce que moi j'ai une note comme quoi le rendez-vous n'a pu avoir lieu. Alors j'en ai déduit que vous n'étiez pas chez vous.

-         Et bien vous déduisez mal!

-         Oh! Alors je suis désolée, le problème doit donc venir de notre commercial.

-         Si vous le dites…

-         Dans ce cas, je me propose de m'occuper de vous personnellement. Seriez-vous d'accord pour que nous fixions un nouveau rendez-vous?

Je commence à te connaître ami lecteur, tu es en train de penser qu'à la place du Maître, tu aurais objecté à ton interlocutrice que le rendez-vous avait bien eu lieu et que tu avais renvoyé penaud dans ses pénates le piteux pataud qui avait eu la malchance d'hériter de ton dossier. Mais c'est parce que tu es fort, ami lecteur, tu sais résister à la tentation. Dois-je encore te rappeler que le Potal est comme la chair, faible, hélas? Et puis surtout, quand il travaille, Maître Potal n'aime pas qu'on vienne lui dire ce qu'il a à faire ou pas. Tu voudrais donc qu'il fasse à une autre ce qu'il ne voudrait pas pour lui? Que nenni, le Potal est bien trop délicat pour cela.

-         Un nouveau rendez-vous? Ma foi, pourquoi pas?

-         Et quand seriez vous disponible?

-         Quand vous voudrez!

-         Vendredi 14 heures?

-         Oui!

-         Et bien c'est entendu, Maître Potal, je serai personnellement chez vous vendredi à 14 heures.

 

C'est donc le vendredi 07 octobre à 14 heures, quand il ouvrit sa porte à une personne d'environ 1 mètre 75 pour 80 kilos et rasée de frais, que Maître Potal comprit que le "Petit Larousse illustré" et la "Grande Stéphanie Vogiquée" n'avaient pas la même définition du mot "personnellement".

 

Disons le tout net, le nouveau représentant que Vogica avait livré au domicile de Maître Potal n'avait rien à voir avec le précèdent. Autant le premier était arrogant, autant le second était timide et s'excusait presque d'être là.

-         Maître Potal? Bonjour, excusez-moi de vous déranger mais…

-         Vous êtes tout excusé, dites-moi, avant de vous laisser entrer, auriez-vous une carte de visite?

-         Hein? Pourquoi faire? Enfin bon, tenez.

C'est donc le vendredi 07 octobre à 14 heures 02, quand il se retrouva avec un catalogue Vogica entre les mains que Maître Potal comprit que le "Petit Robert" et le "Grand Timide" n'avaient pas la même définition du terme "carte de visite".

-         Dites-moi cher ami, connaîtriez-vous un certain Monsieur Da Silva?

Ça y est ami lecteur! Tu te disais que normalement dans une suite on retrouve les mêmes personnages que dans le premier épisode et tu te languissais que ça vienne? Rassure-toi, il arrive! Da Silva, le retour c'est pour dans quelques lignes.

-         Monsieur Da Silva? Oui c'est mon responsable mais…

-         Auriez-vous l'obligeance de l'appeler, s'il vous plait?

Le timide recula d'un bond, une lueur d'effroi se lisait dans ses yeux, Maître Potal se demanda même un instant s'il n'avait pas face à lui un ancien employé de la HSBC. (Ah oui! Ami lecteur, c'est le principe des suites, on fait des références que seuls les fidèles de la série peuvent comprendre. Si tu es un nouvel ami lecteur, procure-toi vite les anciennes chroniques de Maître Potal en les demandant par mail à l'adresse suivante : maitrepotal@free.fr ou en cliquant sur le lien suivant http://maitrepotal.over-blog.com/archive-09-21-2006.html).

-         Si vous avez un problème avec la société Vogica je peux partir. D'ailleurs je suis déjà en train de partir..

-         Non, restez, restez! C'est juste que monsieur Da Silva est une vieille connaissance. Je l'ai encore eu au téléphone pas plus tard qu'il y a trois semaines et je suis certain qu'il sera ravi de m'entendre à nouveau.

Et pendant que le Timide composait à ses frais le numéro de Monsieur Da Silva, Maître Potal se mit à feuilleter machinalement le catalogue qu'il avait entre les mains. Bien lui en prît car il s'aperçut très vite qu'il avait failli passer à côté de quelque chose.

C'est donc le vendredi 07 octobre à 14 heures 06, quand il vit les photos des modèles des cuisines et salles de bains que Maître Potal comprit que le chapelier de Geneviève de Fontenay et les concepteurs produits de chez Vogica devaient avoir à peu près la même définition des termes "bon goût" et "raffinement".

-         Monsieur Da Silva? Je suis le représentant que vous avez envoyé chez Maître Potal

-        

-         Justement, il voudrait vous parler, je vous le passe.

-         Bonjour Monsieur Da Silva? Comment allez-vous?

-         Très bien mais pourquoi voulez-vous me parler?

-         Mais pour vous remercier, Monsieur Da Silva. Vous vous souvenez de moi? On s'est parlé il y a trois semaines. Vous savez, le monsieur qui n'aime pas le démarchage par téléphone et qui dit oui à tout ce qu'on lui propose.

-         Quoi? C'est encore vous?

-         Mais oui! En même temps je vous avais dit que nous allions bientôt nous reparler. Bon, j'avoue que je ne pensais pas que ce serait aussi rapide.

-         Mais vous n'en n'avez pas marre? Vous ne croyez pas que ça ferait gagner du temps à tout le monde que vous répondiez que vous n'êtes pas intéressé quand on vous appelle?

-         Non, ce qui ferait gagner du temps à tout le monde c'est que votre société ne m'appelle plus mais ça… Enfin, tant que je suis le seul à réagir comme ça, c'est encore gérable, mais comme je propage ma bonne parole, qui sait? Peut-être qu'un jour tous les rendez-vous que vous aurez à gérer seront avec des gens comme moi, et ce jour là, peut-être que vous reverrez vos procédures de démarchage? Enfin… sinon, à part ça, bien le nouveau représentant que vous m'avez envoyé, hein? Je le préfère nettement à celui de la fois d'avant. Mieux habillé, plus poli. Non je crois que je vais prendre celui là… encore que… j'imagine que vous en avez d'autres en stock. Non tout compte fait je vais attendre qu'on me rappelle et qu'on m'en envoie un nouveau avant de me décider. Vous pensez que…

Mais Monsieur Da Silva ne pensait plus rien du tout, il venait tout bonnement de raccrocher au nez de Maître Potal.

Maître Potal n'eut plus alors qu'à rendre son portable au grand timide, non sans lui rappeler quand même que c'était Monsieur Da Silva qui lui avait rempli son carnet de visite et que Monsieur Da Silva aurait du percuter en recopiant le nom du Maître.

Le discours de Maître Potal porta-t-il ses fruits? Rien n'est moins sûr car le propre du timide est de n'en vouloir à personne ni à Monsieur Da Silva, ni à Maître Potal qu'il remercia chaleureusement d'avoir l'extrême gentillesse de l'autoriser à noter sur sa fiche de visite que le rendez-vous était abrégé par faute du client qui n'était pas intéressé et non par faute du vendeur qui ne s'était pas montré assez persuasif. Puis il reparti le sourire aux lèvres et l'air visiblement soulagé de n'avoir pas eu à subir physiquement la colère qu'entretient Maître Potal à l'égard de la société Vogica.

Mais toi tu sais, ami lecteur, que cette deuxième victime vogiquéenne ne risquait pas grand-chose, la lecture de cette chronique te l'as d'ailleurs définitivement prouvé : Maître Potal est un faible!

 


 

 Quand à la morale de cette histoire, elle est facile à deviner :

C'est paradoxalement d'une usine située à Châtenois dans les Vosges, qu'en matière de cuisine et salle de bains, le pire est né!

Par Potal
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Vendredi 27 octobre 2006

Ami lecteur, Maître Potal est vraiment désolé. Fidèle parmi les fidèles, tu te délectes de ses chroniques et tu commences à les propager autour de toi pour répandre la bonne parole potalienne. Aussi, pour te récompenser de l'intérêt que tu lui manifestes, Maître Potal t'avait préparé un beau cadeau. Il faut dire que tout s'annonçait bien : un début de semaine très prometteur avec un appel émanant de ses désormais partenaires et amis de chez Vogica, désireux de vérifier si le vieil adage "jamais deux sans trois" était référencé dans les pages roses du dictionnaire Potalien. Je te passe les détails de la conversation, ami lecteur, tu n'as qu'à relire la chronique précédente, le scénario n'a pas varié d'un pouce. Bref, rendez-vous fut pris pour ce vendredi 27 octobre à onze heures précises et Maître Potal se demandait déjà comment il allait faire pour innover et continuer à surprendre son Da Silva abhorré et ses lecteurs préférés. Heureusement, c'est là qu'intervint la société Isorama, portes et fenêtres sur mesure et qui justement avait envie de se mesurer à un Maître que certaines (je parle toujours des sociétés) prétendent étalon.

Le hasard fit bien les choses pour la société Isorama car il se trouvait justement que Maître Potal avait besoin de changer 6 fenêtres et 4 volets, du moins c'est ce qu'il exprima à son interlocutrice qui semblait tellement en attente de ce genre de réponse. Et quand celle-ci lui demanda le jour et l'heure qui lui conviendrait pour recevoir un technicien conseil chargé de lui faire un devis aussi précis et complet que gratuit, Maître Potal lâcha tout naturellement : "Vendredi 27 octobre à 11 heures précises".

Et oui ami lecteur, tu comprends maintenant le cadeau que Maître Potal t'avait préparé? Un coup double… avec la possibilité pour les représentants de chez Vogica et Isorama de partager leur infortune et… qui sait? Pour peu que les deux aient étés de sexes différents, peut-être même former un nouveau couple? Vogirama ou Isogica, que sais-je?

Malheureusement ami lecteur, tu l'as déjà compris, les choses ne se passent jamais comme on les prévoit et tout Potal qu'il est, ton Maître vénéré ne peut rien faire contre le manque de ponctualité.

Monsieur Vogica 3, par exemple, avait 10 minutes d'avance et le sourire aux lèvres. Il était tellement gentil et désarmant que l'entretien tourna court. Bien évidement Maître Potal lui demanda d'appeler son ami Da Silva mais celui-ci raccrocha au nez du Maître dès qu'il se fût présenté à lui. Dans la seconde qui suivit, ce fut cette fois Monsieur Isorama 1 qui prévint Maître Potal qu'il était dans les bouchons et par conséquent très en retard et dans le même temps, Monsieur Da Silva rappelait Monsieur Vogica 3 pour lui signifier qu'il allait faire le nécessaire pour que Maître Potal soit rayé de leur fichier.

Tu l'as compris, ami lecteur, devant un tel fiasco, le cœur n'y était plus. Résigné, Maître Potal prit chaleureusement congé de son dernier Vogica puis rappela Monsieur Isorama 1, qui avait eu la délicatesse de ne pas cacher son numéro de portable pour prévenir de son retard, et, ayant pitié du pauvre commercial embouteillé, le Maître lui expliqua que sa venue était désormais inutile puisque le camarade de jeu qu'il lui avait trouvé n'était déjà plus qu'un point minuscule disparaissant à l'horizon de ses illusions perdues. Et Maître Potal s'en retourna travailler, versant au passage une larme sur sa chronique avortée.

Mais heureusement pour toi, ami lecteur, les choses n'allaient pas en rester là. Car quelques minutes plus tard le numéro 01 64 26 23 22 vint s'inscrire sur le cadran lumineux du téléphone de Maître Potal qui ne se doutait pas encore que la sonnerie musicale qui l'accompagnait aller sonner le glas de sa déception à peine digérée.

-         Maître Potal?

-         Lui-même!

-         Qu'est-ce que c'est que ces conneries? Je viens d'avoir mon commercial au téléphone et il me dit que vous lui aviez donné rendez-vous pour rien exprès. Que vous militez contre le démarchage par téléphone? Mais je vous préviens, ça ne va pas se passer comme ça!

-         Ah bon? Et comment cela va-t-il se passer, alors?

-         Faites pas le malin avec moi! Vous êtes très mal tombé.

-         Au contraire, au contraire, plus je vous entends et plus je me félicite d'être tombé sur vous.

-         Mais vous savez ce que vous avez gagné à jouer à ce petit jeu? Ou plutôt ce que vous avez perdu?

-         Non, pas encore mais je sens que je ne vais pas tarder à le savoir.

-         257€!!! Et oui! Voilà ce qui arrive quand on joue au con avec moi! Vous faites venir mon commercial pour rien? Et bien je vous envoie la facture de déplacement. 257€

-         Seulement? Oh ben non! Vous l'avez dit vous-même je suis joueur, ça vaut plus que ça. J'ai envie de vous dire "Quitte ou double"! Allez! Tiens! Je me lance! Double! Je vous propose 514€, qu'est-ce que vous en dites? Franchement, je pense que ça les vaut.

-         Vous ferez moins le malin quand vous recevrez ma facture.

-         Mais je ne vous suis pas bien. Je croyais que le devis était gratuit? Du moins c'est ce qui m'a été affirmé hier au téléphone.

-         Oui! Le devis est gratuit mais pas le déplacement! Et comme vous avez fait déplacer mon commercial pour rien vous allez payer.

-         Ah bon! D'accord! Alors on va arranger ça tout de suite. Pour que votre commercial ne se soit pas déplacé pour rien, dites-lui de venir quand même. Comme ça il me fera mon devis gratuit et tout le monde sera content… et puis comme ça au moins j'aurais la preuve qu'il s'est bien déplacé.

-         Mais vous l'avez la preuve! Vous l'avez décommandé alors qu'il n'était plus qu'à trois kilomètres de chez vous.

-         Oh! Ça c'est ce que vous me dites! Moi j'ai juste parlé à quelqu'un sur un téléphone portable…

-         Mais c'est pas vrai. Vous le faites exprès ou quoi? Vous savez que vous avez eu de la chance?

-         D'être tombé sur vous? Oui, j'avoue..

-         D'être tombé sur un pseudo homosexuel!

-         Un pseudo homosexuel? De mieux en mieux…

-         Si ça avait été moi, je vous jure que je serai quand même venu chez vous, j'aurais fracassé votre porte et je vous aurais explosé la gueule.

-         Ah! Oui! Donc vous, par exemple, vous n'êtes pas ce que certains pourraient appeler "un pseudo homosexuel".

-         Non! Moi j'ai des couilles, moi! Moi je suis père de 3 enfants! Et j'ai passé ma vie sur les routes pour les nourrir, moi Monsieur! Alors quand je tombe sur des connards comme vous, je deviens violent. C'est bien la France, ça! C'est pas chez les américains qu'on verrait ça! Vous savez pourquoi les américains sont champion du monde en matière de commerce?

-         Non, mais vous allez me le dire.

-         Parce qu'il n'y a pas toutes ces conneries de loi Scrivener ou de rétractation. C'est le paradis du porte à porte là-bas! Un deal est un deal et on ne revient pas dessus. Et si un malhonnête vous donne un rendez-vous bidon, on règle ça d'homme à homme.

-         C'est vrai que présenté comme ça, ça fait envie…

-         Parce qu'en plus, je suis désolé de vous le dire mais vous vous trompez de cible. Puisque vous êtes si malin avec vos associations de consommateurs, pourquoi vous ne vous adressez pas au vrai responsable de cette situation, hein? Vous savez qui c'est le vrai responsable?

-         Heu… Un homosexuel français j'imagine?

-         France Telecom! C'est eux qui m'ont vendu votre numéro, alors si vous n'êtes pas content c'est à eux qu'il faut vous adresser.

-         Ah! Mais je crois que vous vous méprenez. Personnellement je suis très content de cette situation, c'est vous qui n'êtes pas content.

-         Comment ça?

-         Oui! Moi, à titre personnel, il se trouve qu'avec tout ça vous m'avez fourni un article pour mes lecteurs, je suis donc ravi. Quant à France Telecom, qu'ils vendent mon numéro sans mon accord, je veux bien vous croire sur parole, mais je n'en ai aucune preuve. En revanche, vous, si vous avez acheté mon numéro à quelqu'un vous vous êtes bien fait avoir. Je serai vous j'essaierai quand même de me le faire rembourser. Bon! Sur ce, c'est pas que je m'ennuie mais maintenant, grâce à vous, j'ai quatre pages à écrire, faut pas que je traîne. Je peux vraiment compter sur votre facture?

-         Parce que vous croyez que je ne vais pas oser?

-         Je le redoute seulement! En tous cas je vais l'attendre avec impatience. Au revoir cher ami… à bientôt peut-être.

Et c'est un Potal tout heureux qui raccrocha son téléphone. Il ne lui restait alors plus qu'une dernière formalité à remplir, rappeler Monsieur Isorama 1 pour lui dire tout le bien que son patron pense de lui et surtout essayer de le sonder pour savoir s'il n'est vraiment que pseudo homosexuel. Le fait est qu'il ne l'était pas du tout ce qui acheva de réconforter Maître Potal. Le contraire lui aurait donné tellement de regrets d'être passé si près de former le couple Isogica ou Vogirama.


Quand à la morale de cette histoire, elle est facile à deviner :

 

Quand quelqu'un se targue de faire du sur mesure tout en vous prouvant qu'il peut sans peine la dépasser, méfiez-vous! Vous avez peut-être à faire à un pseudo professionnel!

Par Potal
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